archives‎ > ‎

Bioéthique

Nous nous réjouissons de la distinction remise ce jour, 8 octobre 2012, par l’octroi du Prix Nobel de médecine 2012 au Dr japonais Shinya Yamanaka ainsi qu’au Dr anglais John Gurdon, pour leur travaux sur la transformation des cellules adultes en cellules souches. D’après le comité Nobel : « Leurs découvertes ont révolutionné notre compréhension de la manière dont les cellules et les organismes se développent ». Et surtout, permettent d’obtenir des cellules souches ayant les mêmes capacités que les cellules souches embryonnaires, mais… sans toucher à un embryon ! Elles ont même des capacités supérieures, car le phénomène de rejet qui peut exister avec des cellules embryonnaires pour des raisons immunologiques est supprimé par la « fabrication » de cellules saines à partir des propres cellules d’un individu.

Cette reconnaissance internationale d’une fabuleuse découverte que nous avait déjà présentée le Pr Jean-Marie Le Méné, Président de la Fondation Jerôme Lejeune, lors de la conférence-débat que nous avions organisée avec l’AFC de Marseille le 19 mai 2009, est une excellente nouvelle, alors que, par ailleurs, le Gouvernement voudrait revenir sur le fruit des Etats Généraux de Bioéthique et supprimer l’interdiction de principe de la recherche sur l’embryon, suite à une promesse de Mr Hollande pendant la campagne présidentielle.  Nous vous invitons à lire attentivement le texte de Mr Arduin qui figure dans notre dernière newsletter. Il conclut en affirmant que « la volonté de la nouvelle majorité parlementaire relève d’une obstination idéologique irrationnelle et d’un mépris du droit qui flirte avec l’illégalité. ». Reprenons également un extrait de notre compte-rendu de la conférence de Mr Le Méné : « Il existe aujourd’hui des perspectives thérapeutiques avec des cellules souches que l’on peut trouver chez l’adulte, et dans le cordon ombilical, qui permettent de s’affranchir de la transgression inutile qu’est l’utilisation de l’embryon… La découverte du Pr Yamanaka, qui est parvenu à partir d’une cellule adulte à la reprogrammer afin de lui donner les qualités d’une cellule embryonnaire capable de tout faire permet d’envisager l’avenir avec beaucoup d’espoir. Cette reprogrammation cellulaire (IPS) rend totalement inutiles des travaux de recherche sur l’embryon. »

Espérons que notre Gouvernement, nos députés, nos sénateurs accepteront cette évidence et épargneront  la vie humaine commençante.

Par Pierre-Olivier Arduin, Commission Bioéthique de l'OSP

La Fondation Jérôme Lejeune lance un cri d’alarme face à la volonté de la nouvelle majorité de supprimer l’interdiction de principe de la recherche sur l’embryon. La commission des affaires sociales du Palais du Luxembourg doit en effet discuter ce mercredi 3 octobre de l’opportunité de remplacer la législation actuelle reposant sur un principe d’interdiction assorti de dérogations selon des conditions strictes, par un régime libéralisant la recherche sur l’embryon et les cellules souches embryonnaires. Le texte qui sera discuté le 3 et examiné en séance publique le 15 au Sénat est la traduction d’une promesse du chef de l’Etat pendant la campagne présidentielle.

 

La Fondation Jérôme Lejeune dénonce un « bouleversement du droit français organisé autour de cet interdit fondateur : la loi assure la primauté de la personne, interdit toute atteinte à la dignité de celle-ci et garantit le respect de l’être humaine dès le commencement de sa vie » (art. 16 du Code civil) ». Alors que la logique scientifique considère aujourd’hui la vie humaine comme un processus continu depuis la fécondation, le raisonnement éthique et juridique peut légitimement revendiquer une protection de ce processus au nom du principe cardinal de dignité. La protection de la vie de l’embryon in vitro constitue dès lors un impératif légal qui s’impose à nos responsables politiques, en parfaite cohérence avec l’article 16 du code civil qui « garantit le respect de l’être humain dès le commencement de sa vie ». Sinon pourquoi le législateur aurait-il inscrit dans toutes les lois de bioéthique depuis 1994 le principe d’interdiction de la recherche sur l’embryon et en raison de quoi la précédente majorité l’aurait-elle reconduit pour la troisième fois dans la dernière loi du 7 juillet 2011 ?

 

Pour Jean-Marie Le Méné, président de la Fondation Jérôme Lejeune, nous nous trouvons devant un changement radical de paradigme où pour la première fois « le principe de protection de l’être humain va devenir une exception ».

 

Alors qu’il n’y a jamais eu aussi peu d’arguments scientifiques en faveur de la recherche sur l’embryon depuis les dernières découvertes sur les cellules souches induites iPS et les cellules souches adultes, pourquoi vouloir à tout prix remettre en cause un interdit essentiel du droit français et sacrifier ainsi l’éthique ? Au nom de quoi la gauche parlementaire s’arroge-t-elle le droit de défaire la loi de bioéthique à peine votée alors que le code de la santé publique ne prévoit sa révision que dans 7 ans ? Et quand bien même voudrait-elle anticiper cette échéance pour passer en force, la législation en vigueur requiert dorénavant l’organisation obligatoire d’Etats généraux avant toute modification portant sur un domaine relevant de la bioéthique, comme le souligne avec justesse la Fondation Jérôme Lejeune.

 

Autant de questions qui nous laissent penser que la volonté de la nouvelle majorité parlementaire relève d’une obstination idéologique irrationnelle et d’un mépris du droit qui flirte avec l’illégalité.

 

http://placedeleglise.fr/

Mail de F. Blin

Monsieur le Sénateur,

Je viens d’apprendre que demain 4 décembre 2012 à 22h, au lieu du 13 décembre, vous aurez à vous prononcer sur une proposition de loi initiée par le groupe radical de gauche. Ce texte supprime la règle actuelle - interdiction de recherche sur l’embryon, sauf dérogations très limitées - pour faire basculer la France dans un régime d’autorisation très large.

Le calendrier législatif a été accéléré et ne permet aucun espace de débat dans la société : c’est en complète contradiction avec la loi bioéthique du 7 juillet 2011, qui prévoit des états généraux avant toute nouvelle loi sur un sujet de bioéthique.

Je vous demande donc de bien vouloir vous opposer à ce projet, et de faire tout ce qui est en votre pouvoir pour que la recherche sur l’embryon reste interdite dans son principe en France.

Je me permets également de vous rappeler la très bonne nouvelle que nous avions reçue en octobre dernier, l’attribution du Prix Nobel de Médecine à deux chercheurs pour leurs découvertes sur les cellules souches adultes :

  • Le britannique John GORDON, 79 ans, a montré le premier qu'il était possible de reprogrammer complètement l'ADN d'une cellule adulte pour qu'elle devienne identique à l'ADN du noyau de l'œuf.
  • Le japonais Shinya YAMANAKA, 50 ans, a exploité cette découverte et est parvenu à produire les premières cellules IPS.

Grâce à des manipulations génétiques, YAMANAKA a réussi à transformer des cellules adultes en cellules souches, ayant les mêmes potentialités que les cellules embryonnaires, capables de se métamorphoser en toutes sortes d'autres cellules. On peut donc désormais se passer de l'embryon pour récolter les précieuses cellules souches.

Ce prix a été salué par le Pr Marc PECHANSKI (Laboratoires ISTEM et INSERM) qui reconnaît le grand intérêt des cellules IPS, précisant que ces cellules permettent également la modélisation tant recherchée sur les cellules embryonnaires. Cette déclaration est de bon augure, si l'on se souvient qu'il y a 2 ans, lors des débats sur la révision de la loi relative à la bioéthique, le Pr PECHANSKI avait revendiqué l'autorisation de la recherche sur l'embryon, alors seule déclarée capable d'arriver à ces résultats. Espérons que son équipe va se concentrer sur ces cellules pour rattraper le retard pris en ce domaine.

Cela devrait enlever toute pertinence à la demande des parlementaires désireux de revenir sur la loi votée en juillet 2011 !

 Recevez, Monsieur le Sénateur, mes cordiales salutations