Conférences des chantiers éducation

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La séparation, quelle angoisse
à Salon de Provence, le jeudi 19 avril 2018

Conférence chantiers-éducation sur « l’angoisse de séparation »

La séparation : Quelle angoisse !

Jeudi 19 avril à Salon de Provence, 20h30

 

La séparation parents/enfants, un chemin pour vivre et grandir, entre angoisse et liberté !

L’angoisse de séparation est-elle un mal à éviter ou un bien nécessaire ?

Comment l’accompagner ?

 

Hélène Portes, conseillère conjugale et thérapeute familiale répondra à ces questions lors d’une 
conférence suivie de questions ouvertes. Pot de l’amitié à l’issue.

 

Entrée libre, merci de diffuser à vos contacts intéressés.

 

Conférence organisée par les AFC Service chantiers-éducation, l’APEL Viala-Lacoste et la paroisse de SALON-GRANS

Renseignements : chantiers-education13@hotmail.com (Alice Burdeyron) et apel@viala-lacoste.com (Valérie Trochel)


Education affective et sexuelle: Comment en parler à nos enfants?

Conférence de Pascale Morinière Jeudi 9 mars à 20h 30 

à La Baume les Aix


 

L’éducation affective et sexuelle de nos enfants ne va pas toujours de soi.

Elle est pourtant essentielle, car c’est à partir de ce que nous, parents, transmettons à nos enfants qu’ils pourront construire leur vie d’homme et de femme et s’épanouir pleinement.

Les parents sont en effet les premiers et principaux éducateurs de leurs enfants.

Mais à quel âge commencer et comment s’y prendre ?

Enfants, ados ou jeunes,  comment utiliser un langage adapté à leur âge et les aider à faire l’unité de leur personne :  corps, cœur et âme ?

Pascale Morinière, médecin, mère de trois adolescents, qui travaille cette question depuis longtemps et intervient régulièrement sur ce sujet, apportera des réponses pour guider les parents dans cette démarche.

Elle présentera également les webséries d’éducation affective et sexuelle créées par les AFC en collaboration avec le CLER et TeenSTAR : Lucas et Léa pour les 7-11 ans, Hugo et Lucie pour les 12-15 ans.

Ces webséries sont en consultation libre sur internet : http://www.afc-france.org/webserie/s/lucas-lea  et http://www.afc-france.org/webserie/s/hugo-et-lucie

Cette conférence est organisée conjointement par l’Association Familiale Catholique du Pays d’Aix et les membres du CLER à Aix.

Elle aura lieu à Aix le Jeudi 9 mars à 20h 30 à la Baume les Aix 1170 chemin de la Blaque (entre le pont de l’Arc et la zone commerciale des Milles). Parking assuré et gratuit.

Entrée libre. Participation aux frais libre.


Les soirées Théofamille :

Jeudi 1er décembre 2016 : Histoire de la Doctrine Sociale de l’Eglise

Jeudi 26 janvier 2017 : Grands principes de la Doctrine Sociale de l'Eglise

Jeudi 2 mars 2017 : Domaines d'application de la Doctrine Sociale de l'Eglise

Vendredi 19 mai : De l'amour conjugal à l'amour parental (Amoris Laetitia)



 

La mission de l’AFC étant fondée sur la Doctrine sociale de l’Eglise,  et l’année 2017 étant celle d’ élections présidentielles et législatives , il est important pour nous catholiques de connaître les différents principes de cette doctrine dégagée au fil du temps par l’Eglise.

C’est en même temps une occasion de nous former pour éclairer nos choix politiques comme nos choix de société et pour pouvoir en parler dans notre entourage.

A l’église de Venelles, à 20h30 chauffage et parking assurés.



(Voir ici les notes prises au cours de ces conférences)





Conférence de rentrée des chantiers éducation : 30 septembre 2016





Dimanche 25 septembre 20h30 église du Saint-Esprit Rue Espariat à Aix
Conférence de l'abbé Pierre-Hervé Grosjean sur le thème de son livre : 
"    CATHOLIQUES ENGAGEONS-NOUS ! "


En cette année électorale, nous sommes nombreux à nous poser des questions sur la meilleure façon de contribuer au redressement de notre pays, notamment par notre vote et par notre participation à la vie publique. C’est pourquoi l’AFC du Pays d’Aix a invité l’abbé Grosjean pour nous parler de ce sujet. Il s’adressera dans le même temps à la communauté catholique étudiante dont c’est la paroisse. 






COMPTE RENDU DE LA SOIREE THEOFAMILLE "QUELLE EDUCATION RELIGIEUSE?" 
Enseignement donné par le Père Hervé Chiaverini le 10 juin 2016 à Venelles






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1. Pourquoi donner une éducation religieuse aux enfants ?
- Nous sommes des êtres reçus.
En éduquant nos enfants, nous transmettons ce qui nous tient à coeur, ce qui est important pour nous, par exemple au niveau matériel : choix de langue, de culture.
Si « entrer en relation avec Dieu » est important pour nous, transmettre le meilleur de ce qui peut nous habiter est alors incontournable :
Nous devons donner une éducation chrétienne.
- Attention au courant actuel : » il choisira quand il sera grand. .. »
On ne choisit vraiment que si l’on connaît…
Et souvent, comme l’enfant ne connaît pas, il ne choisit rien du tout…
Et un enfant non baptisé ne pourra ni se marier, ni recevoir une sépulture chrétienne…

2. Vérifier le centre de gravité de notre action éducative
Référence: l'Exhortation apostolique « Amoris Laetitia - La Joie de l’Amour » -
Pape François - 19 mars 2016 Paragraphes n° 260, n° 261 et n° 262

- Le père raconte l’anecdote de l’usage d’un téléphone portable :
Une maman appelle son fils et lui demande ce qu’il fait et où il est. Le fils répond en mentant. A la question de savoir pourquoi il a menti, ce jeune répond : « pour rassurer maman, je lui dis ce qu’elle veut entendre ».
Ici la relation éducative est inversée. Les parents doivent rester vigilants, mais il faut plutôt être dans l’histoire et le temps :

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260. La famille ne peut renoncer à être un lieu de protection, d’accompagnement, d’orientation, même si elle doit réinventer ses méthodes et trouver de nouvelles ressources. Elle a besoin de se demander à quoi elle veut exposer ses enfants. Voilà pourquoi, elle ne doit pas éviter de s’interroger sur ceux qui sont chargés de leur divertissement et de leurs loisirs, sur ceux qui rentrent dans leurs chambres à travers les écrans, sur ceux à qui ils les confient pour qu’ils les guident dans leur temps libre. Seuls les moments que nous passons avec eux, parlant avec simplicité et affection des choses importantes, et les possibilités saines que nous créons pour qu’ils occupent leur temps, permettront d’éviter une invasion nuisible. Il faut toujours rester vigilant. L’abandon n’est jamais sain. Les parents doivent orienter et prévenir les enfants ainsi que les adolescents afin qu’ils sachent affronter les situations où il peut y avoir des risques d’agression, d’abus ou de toxicomanie, par exemple.

plutôt qu’être dans l’espace. On peut dominer l’espace en mettant une camisole éducative. Lorsqu’on enlève cette camisole, le flan tombe et s’avachit.

- Un travail éducatif se fait dans le but de construire une colonne vertébrale qui
permet de rester droit et fort quoiqu’il arrive. Si l’on construit seulement une protection ou une forteresse, la vie se chargera d’en saper les fondations et l’édifice s’écroulera…

261. Mais l’obsession n’éduque pas ; et on ne peut pas avoir sous contrôle toutes les situations qu’un enfant pourrait traverser. Ici, vaut le principe selon lequel « le temps est supérieur à l’espace ». C’est-à-dire qu’il s’agit plus de créer des processus que de dominer des espaces. Si un parent est obsédé de savoir où se trouve son enfant et de contrôler tous ses mouvements, il cherchera uniquement à dominer son espace. De cette manière, il ne l’éduquera pas, ne le fortifiera pas, ne le préparera pas à affronter les défis. Ce qui importe surtout, c’est de créer chez l’enfant, par beaucoup d’amour, des processus de maturation de sa liberté, de formation, de croissance intégrale, de culture d’une authentique autonomie. C’est seulement ainsi que cet enfant aura en lui-même les éléments nécessaires pour savoir se défendre ainsi que pour agir intelligemment et avec lucidité dans les circonstances difficiles. Donc, la grande question n’est pas : où se trouve l’enfant physiquement, avec qui il est en ce moment, mais : où il se trouve dans un sens existentiel, où est-ce qu’il se situe du point de vue de ses convictions, de ses objectifs, de ses désirs, de son projet de vie. Par conséquent, les questions que je pose aux parents sont : « Essayons-nous de comprendre ‘‘où’’ en sont réellement les enfants sur leur chemin ? Où est réellement leur âme, le savons-nous ? Et surtout, cela nous intéresse-t-il de le savoir ? ».

- Un travail éducatif se fait dans le but d’éduquer à la liberté :
262. Si la maturité était uniquement le développement d’une chose au préalable contenue dans le code génétique, nous n’aurions pas beaucoup à faire. La prudence, le jugement sain et le bon sens ne dépendent pas de facteurs purement quantitatifs de croissance, mais de toute une chaîne d’éléments qui se synthétisent dans la personne ; pour être plus précis, au coeur de sa liberté. Il est inévitable que chaque enfant nous surprenne par les projets qui jaillissent de cette liberté, qui sortent de nos schémas, et il est bon qu’il en soit ainsi. L’éducation comporte la tâche de promouvoir des libertés responsables, qui opèrent des choix à la croisée des chemins de manière sensée et intelligente, de promouvoir des personnes qui comprennent pleinement que leur vie et celle de leur communauté sont dans leurs mains et que cette liberté est un don immense.

Il faut donc éduquer dans une dynamique de maturation de la liberté.
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3. Transmettre la Foi
Exhortation apostolique « Amoris Laetitia - La Joie de l’Amour » -
Pape François - 19 mars 2016
Paragraphes n° 287, n° 288, n° 289, et n° 290
- « Pour transmettre, j’ai besoin de vivre. Pour vivre, j’ai besoin de recevoir. »
Tout disciple missionnaire va d’abord RECEVOIR, puis VIVRE et ensuite TRANSMETTRE.

287. L’éducation des enfants doit être caractérisée par un cheminement de transmission de la foi, rendu difficile par le style de vie actuel, les horaires de travail, la complexité du monde contemporain où beaucoup vont à un rythme frénétique pour pouvoir survivre.306 Toutefois, la famille doit continuer d’être le lieu où l’on enseigne à percevoir les raisons et la beauté de la foi, à prier et à servir le prochain. Cela commence par le baptême, où, comme disait saint Augustin, les mères qui conduisent leurs enfants « contribuent au saint enfantement ». Ensuite, commence le cheminement de la croissance de cette vie nouvelle. La foi est un don de Dieu reçu au baptême, et elle n’est pas le résultat d’une action humaine ; cependant les parents sont des instruments de Dieu pour sa maturation et son développement. Donc, « c’est beau quand les mamans enseignent à leurs petits enfants à envoyer un baiser à Jésus ou à la Vierge. [Que] de tendresse se trouve en cela ! A ce moment le coeur des enfants se transforme en lieu de prière ». La transmission de la foi suppose que les parents vivent l’expérience réelle d’avoir confiance en Dieu, de le chercher, d’avoir besoin de lui, car c’est uniquement ainsi qu’un âge à l’autre vantera ses oeuvres, fera connaître ses prouesses (cf. Ps 145, 4) et que le père à ses fils fait connaître sa fidélité (cf. Is 38, 19).

- Il y a un partenariat dans l’éducation chrétienne entre Dieu et l’homme.
La part de Dieu, qui est la plus importante, est ce qui est fait par Dieu et la part de l’homme relève de notre responsabilité.
Les parents sont des intendants. Cf. « Vos enfants ne sont pas vos enfants.» (Khalil Gibran)

Cela demande que nous implorions l’action de Dieu dans les coeurs, là où nous ne pouvons parvenir. Le grain de moutarde, semence si petite, devient un grand arbre (cf. Mt 13, 31-32), et ainsi nous reconnaissons la disproportion entre l’action et son effet. Donc, nous savons que nous ne sommes pas les propriétaires du don mais ses administrateurs vigilants. Cependant notre engagement créatif est un don qui nous permet de collaborer à l’initiative de Dieu. Par conséquent, « il faut veiller à valoriser les couples, les mères et les pères, comme sujets actifs de la catéchèse […]. La catéchèse familiale est d’une grande aide, en tant que méthode efficace pour former les jeunes parents et pour les rendre conscients de leur mission comme évangélisateurs de leur propre famille ».

- Eduquer à la foi se construit avec un moyen qui est l’adaptation, une condition qui est la liberté et un but qui est l’expérience spirituelle.
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L’éducation religieuse n’est pas seulement une transmission d’un patrimoine historique, ni une reproduction morale, même s’il faut de la morale.
L’éducation religieuse est une rencontre de quelqu’un qui m’aime et que je peux aimer.

288. L’éducation à la foi sait s’adapter à chaque enfant, car parfois les méthodes apprises ou les recettes ne fonctionnent pas. Les enfants ont besoin de symboles, de gestes, de récits. Les adolescents entrent généralement en crise par rapport à l’autorité et aux normes ; il convient donc d’encourager leurs propres expériences de foi et leur offrir des témoignages lumineux qui s’imposent par leur seule beauté. Les parents qui veulent accompagner la foi de leurs enfants sont attentifs à leurs changements, car ils savent que l’expérience spirituelle ne s’impose pas mais qu’elle se propose à leur liberté. Il est fondamental que les enfants voient d’une manière concrète que pour leurs parents la prière est réellement importante. Par conséquent, les moments de prière en famille et les expressions de la piété populaire peuvent avoir plus de force évangélisatrice que toutes les catéchèses et tous les discours. Je voudrais exprimer, de façon spéciale, ma gratitude à toutes les mères qui prient constamment, comme le faisait sainte Monique, pour leurs enfants qui se sont éloignés du Christ.

- On peut rappeler ici le schéma de l’Alliance de Dieu avec son peuple à l’aide de la visualisation de la poignée de mains pour saluer quelqu’un :
1. Le Père se penche sur la petite humanité et lui parle :
- Dieu parle à l’humanité = la révélation, la Bible, le Credo
2. Le Père fait un geste vers elle :
- Dieu agit = le déploiement de la Grâce, les 7 sacrements
3. L’humanité répond au Père :
- L’humanité se tourne vers Dieu et lui parle = la prière, le Notre Père
4. L’humanité fait un geste à son tour :
- L’humanité se tourne vers Dieu et agit = la morale chrétienne et les 10
Commandements
Le Credo, les 7 sacrements, la prière du Notre Père et les 10 commandements
sont les 4 piliers de la Foi chrétienne.
Que se passe-t-il si nous saluons Dieu sans faire ce geste de la poignée de mains ?
Quelle alliance faisons-nous si cette alliance est sans action, ni morale ? C’est alors une alliance très différente……. Même s’il existe la miséricorde.
- Pour être des témoins du Salut de Dieu, il faut s’approcher des autres, être des
missionnaires.
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289. L’effort de transmettre la foi aux enfants, dans le sens de faciliter son expression et sa croissance, aide à ce que la famille devienne évangélisatrice, et commence spontanément à la transmettre à tous ceux qui s’approchent d’elle et même en dehors du cercle familial. Les enfants qui grandissent dans des familles missionnaires deviennent souvent missionnaires, si les parents vivent cette mission de telle manière que les autres les sentent proches et affables, et que les enfants grandissent dans cette façon d’entrer en relation avec le monde, sans renoncer à leur foi et à leurs convictions. Souvenons-nous que Jésus lui-même mangeait et buvait avec les pécheurs (cf. Mc 2, 16 ; Mt 11, 19), qu’il pouvait s’arrêter pour parler avec la samaritaine (cf. Jn 4, 7-26), et recevoir de nuit Nicodème (cf. Jn 3, 1-21), qu’il s’était fait oindre les pieds par une femme prostituée (cf. Lc 7, 36-50), et qu’il n’hésitait pas à toucher les malades (cf. Mc 1, 40-45 ; 7, 33). Ses apôtres faisaient de même ; ils n’étaient pas méprisants envers les autres, enfermés dans de petits groupes d’élite, isolés de la vie de leur peuple. Tandis que les autorités les accusaient, ils « avaient la faveur de tout le peuple » (Ac 2, 47; cf. 4, 21.33; 5, 13).

- La famille jour un rôle important dans la transmission de la Foi :
290. « La famille se constitue ainsi comme sujet de l’action pastorale à travers l’annonce explicite de l’Évangile et l’héritage de multiples formes de témoignage : la solidarité envers les pauvres, l’ouverture à la diversité des personnes, la sauvegarde de la création, la solidarité morale et matérielle envers les autres familles surtout les plus nécessiteuses, l’engagement pour la promotion du bien commun, notamment par la transformation des structures sociales injustes, à partir du territoire où elle vit, en pratiquant les oeuvres de miséricorde corporelle et spirituelle ». Cela doit se situer dans le cadre de la conviction la plus belle des chrétiens : l’amour du Père qui nous soutient et nous promeut, manifesté dans le don total de Jésus Christ, vivant parmi nous, qui nous rend capables d’affronter ensemble toutes les tempêtes et toutes les étapes de la vie. De même, au coeur de chaque famille il faut faire retentir le kérygme, à temps et à contretemps, afin qu’il éclaire le chemin. Tous, nous devrions pouvoir dire, à partir de ce qui est vécu dans nos familles : « Nous avons reconnu l’amour que Dieu a pour nous » (1 Jn 4, 16). C’est seulement à partir de cette expérience que la pastorale familiale pourra permettre aux familles d’être à la fois des Églises domestiques et un ferment d’évangélisation dans la société.

4. Questions pratiques relatives à l’éducation religieuse : Quand commencer cette éducation ? A quel âge recevoir les sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie ? Faut-il imposer la messe aux ados ? …
Référence à l’article de la chancellerie « autour de l’initiation chrétienne des jeunes en âge scolaire » du P. Hervé Chiaverini paru en septembre 2015 dans la revue du Service Diocésain de la Catéchèse. CIC = Code de droit canonique. Voir document joint.Initiation chrétienne P. Chiaverini sept 2015


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Quand commencer cette éducation ?
 Le Baptême
- Quel trésor ! C’est le don de la foi à l’enfant !
L’Eglise demande un « espoir fondé que l’enfant soit éduqué dans la religion catholique. Si cet espoir fait totalement défaut, le Baptême sera différé » CIC 868 §2
Les sacrements ne sont pas magiques. Il y a le don de Dieu, l’être humain doit de son côté le faire germer.
« Il est baptisé dans votre foi de parents.
Prenez-vous l’engagement de l’éduquer dans la foi chrétienne ? »
Il faut inscrire une fidélité à la parole donnée.
- Un enfant peut être baptisé à l’âge de quelques semaines jusqu’à 2 ans. Normalement pas de baptême entre 2 ans et 7 ans.
- Le choix d’un prénom chrétien est obligatoire, ce n’est pas forcement le premier prénom.
- Le choix des parrain et marraine ne doit pas obéir à un choix affectif. Le parrain et/ou la marraine doit être âgé(e) de 16 ans minimum et doit avoir reçu l’initiation chrétienne (baptême, confirmation, eucharistie) et doit vivre selon l’Evangile. Ce sont les conditions nécessaires pour devenir référent dans l’éducation de la foi et partager cette foi avec son/sa filleul(e).
Les exceptions ne doivent pas devenir la règle…
A quel âge recevoir les sacrements de la Confirmation et de l’Eucharistie ?
La Confirmation
- Les sacrements sont reçus.
En France, le sacrement de la Confirmation est reçu entre 12 ans et 18 ans.
Le CIC 891 l’autorise à partir de l’âge de raison (7 ans).
- L’ordre normal des sacrements de l’initiation chrétienne est le suivant :
Baptême, Confirmation puis Eucharistie.
- Attendre 18 ans, c’est élitiste. Cela veut dire que j’attends d’être prêt. La part de l’homme dans cette décision est trop grande… C’est contraire à l’amour de Dieu miséricordieux dans ma faiblesse, c’est contraire au sens des sacrements.
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- Il est préférable de recevoir le sacrement de Confirmation AVANT la crise de l’adolescence. Mais, il est vrai que recevoir ce sacrement plus tard permet de garder les jeunes en catéchèse plus longtemps…
Rappel : (cf. Vatican II, « l’Eglise dans le monde de ce temps – Gaudium et Spes »)

Un sacrement, c’est l’Esprit Saint qui est reçu et qui aide la personne à construire sa vie d’adulte. L’Esprit Saint va agir dans 5 chantiers :
 L’intelligence
 L’amour
 Le travail
 L’engagement dans la Société
 La construction de la Paix
 L’Eucharistie
- Saint Pie X a autorisé le changement de l’ordre normal des sacrements de l’initiation chrétienne, car il existe des différences de pratique qui peuvent permettre de recevoir ce sacrement de l’Eucharistie à des âges différents.
- Ce changement est accepté sous les 5 conditions suivantes (CIC 914) :
 Pratique dominicale régulière
 Catéchèse effective
 Discernement par l’enfant du pain eucharistique différent du pain ordinaire
 Première confession
 Accord du curé
- L’Eucharistie est l’aliment de la route pour toute la Vie.
Un constat : les familles éclatées rendent la catéchèse hebdomadaire difficile. Après la première communion, les jeunes ne reviennent plus...

La Profession de foi
- C’est une spécificité française créée au XVII° siècle par Saint Vincent de Paul.
L’Etat ayant créé ensuite le Certificat d’Etudes avec Jules Ferry, l’Eglise a voulu aussi son Certificat, c’est « la communion solennelle ».
- Ce n’est pas un sacrement.
- Il faut développer le sens baptismal de la Profession de foi.
La profession de foi est le Credo de l’Eglise proclamé.
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- La Confirmation, c'est-à-dire confirmer le don de l’Esprit Saint, est le plus important.
Le parcours idéal tient compte de la réalité de chaque enfant et de chaque famille !

Faut-il imposer la messe aux ados ?
- L’éducation chrétienne, c’est écouter une parole et se préparer à recevoir Jésus.
Le Père Hervé fait le choix pastoral d’associer les ados aux célébrations.
L’éducation chrétienne n’est pas seulement une éducation au dialogue, mais aussi une « éducation à la résistance spirituelle » (Père Henri de Lubac s.j.).
- La catéchèse doit conduire à Jésus.
 Voir les parcours de catéchèse de Noëlle Le Duc proposés par l’Institut Notre Dame de Vie.
 Il existe une liturgie de la Parole pour les enfants, pourquoi ne pas créer une liturgie de la Parole pour les ados ?
- Ne pas oublier que le premier catéchiste est l’Esprit Saint par son oeuvre surnaturelle. Notre oeuvre humaine n’est qu’une petite partie.
- L’évangélisation est la transmission de l’Esprit Saint.
- Prier pour les enfants qui se sont éloignés du Christ dans les groupes de « Prière des mères ».

5. La catéchèse selon Vatican II

a) « Déclaration sur l’éducation chrétienne - Gravissimum Educationis »
§ n°4 : « Moyens variés au service de l’éducation chrétienne »
« Dans l’accomplissement de sa mission éducative, l’Eglise, soucieuse d’utiliser tous les moyens appropriés, se préoccupe en particulier de ceux qui lui sont propres. Le premier est la formation catéchétique qui éclaire et fortifie la foi, nourrit la vie selon l’Esprit du Christ, achemine à la participation active et consciente au mystère liturgique et incite à l’action apostolique. »
- « La formation catéchétique qui éclaire et fortifie la foi. »
 transmettre le contenu de la foi de l’Eglise, le dogme, c’est la dimension de l’intelligence.
- « La formation catéchétique qui nourrit la vie selon l’Esprit du Christ. »
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 insérer étroitement la foi et la vie quotidienne, c’est l’éducation morale chrétienne dans l’Esprit Saint.
- « La formation catéchétique qui achemine à la participation active et consciente au mystère liturgique. »
 par la prière et les sacrements.
- « La formation catéchétique qui incite à l’action apostolique. »
 c‘est le témoignage missionnaire.
Voila la définition de la vraie catéchèse selon Vatican II. L’Esprit Saint se sert de tout pour qu’on avance ! Mais il ne faut pas rajouter consciemment des boulets…

b) Constitution dogmatique sur la Révélation divine - Dei Verbum
§ n° 21 : « Importance de la Sainte Ecriture dans la vie de l’Eglise »
« Il faut donc que toute la prédication ecclésiastique, comme la religion chrétienne elle-même, soit nourrie et guidée par la Sainte Ecriture. Dans les Saints Livres, en effet, le Père qui est aux Cieux vient avec tendresse au devant de ses fils et entre en conversation avec eux, or, la force et la puissance que recèle la Parole de Dieu sont si grandes qu’elles constituent, pour l’Eglise, son point d’appui et sa vigueur et, pour les enfants de l’Eglise, la solidité de leur foi, la nourriture de leur âme, la source pure et permanente de leur vie spirituelle. »
§ n° 24 : « Ecriture Sainte et théologie »
« … que le ministère de la Parole - qui comprend la prédication pastorale, la catéchèse, et toute l’instruction chrétienne, où l’homélie liturgique doit avoir une place de choix - trouve, lui aussi, dans cette même parole de l’Ecriture une saine nourriture et une sainte vigueur… »

- La catéchèse doit d’abord être biblique, la Bible est « l’âme » de la catéchèse.
- L’éducation chrétienne, c’est une éducation à aller à la rencontre de Jésus qui vient lui-même à notre rencontre.
- Il faut davantage se positionner dans l’histoire de la conversion d’un coeur que sur la gestion d’un espace.
                                                                                Notes de Bénédicte LANGUILLE





EDUQUER AUX MASS MEDIAS 

SOIREE THEOFAMILLE Jeudi 31 mars 2016

Eglise Saint Hippolyte de Venelles

Père Hervé Chiaverini

Eduquer aux mass médias


 

Plan de l’intervention :

I Dimensions théologiques et valeur de la communication

II Aspects sociologiques

III Enjeu moral et pratique

IV Dimension historique et technique

V Dimension ecclésiale

 

I Dimensions théologiques de la communication

 

Le signe de croix est un acte de communication.

La Trinité Sainte est le Mystère de la communication entre le Père le Fils et le Saint Esprit. Elle a 3 caractéristiques : -par Amour , - dans le Don de soi, - elle est ordonnée à la communion.

La communication humaine devrait être similaire et répondre à ces 3 caractéristiques.

Saint Jean dans son Prologue au chapitre 1 (à relire) commence par « s’est fait connaître, nous révèle le Père ». Cela nous donne une autre clé : la communication doit révéler la Vérité, faire connaître. Jésus-Christ est la Parole du Dieu invisible. D’où l’importance de toutes ces réalités.

Jésus est un parfait communicant. Il proclame ET agit. Il associe parole ET geste, comme dans un sacrement. Jésus s’est adapté au contexte de son temps, Il a utilisé des paraboles, des images, des réalités que les gens comprennent. C’est la réalité de l’inculturation du message chrétien. Notre vocation chrétienne est de recevoir le monde : « dominez-la, soumettez-la » (la Terre). Il s’agit de coopérer à l’œuvre divine, de faire progresser l’humanité. Tout ce qui fait progresser l’humanité est bon et appartien au dessein de Dieu, la communication fait grandir la communion entre les personnes.

 

II Les aspects sociologiques :

-          Information-spectacle

-          Politique-esclave

-          Quelle culture, quelle école ?

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1)      L’information-spectacle

On peut avoir l’impression que le monde devient un spectacle permanent, à la recherche du sensationnel, de l’impressionnant, de la démesure, de l’inédit. Le « droit à l’information », entraîne le « devoir de tout savoir », sur tout le monde et tout le temps. Quelle est l’information transmise ? Quelle en est la légitimité démocratique ? Est-elle analysée ? filtrée ? Vers quelle culture conduit-elle ?

Homo mediaticus : le monde est devenu un village ; Si un bus se renverse, tout le monde l’apprend. « C’est vrai car ils l’ont dit à la télé » disent les enfants.

Alain Minc : « le miracle technique s’est fait dictature ».

On assiste à des morts, des guerres, des coups d’état etc. en direct. Quelle impudeur ! C’est le culte de l’instantané. Le triomphe commercial est celui du marché, de l’audimat. Les journalistes sont formés à enlever le banal et à ajouter le choc, comme dans la formule « le poids des mots, le chocs des photos ». Le direct est fait pour apporter de l’émotion et pour ôter toute conscience. Le must est l’accident en direct. On mobilise l’émotion au détriment de l’intelligence. Ce genre d’événement ouvre la porte à toutes les manipulations : sensationnel, excitant, recherche permanent d’audience. Il faut en fabriquer le plus possible, quelle que soit l’obscurité pour l’âme. Parmi les filtres choisis : l’argent, la pornographie, la violence, le sang. D’informés, on devient surinformés, désinformés.

2)      Le politique-esclave

Les médias sont un 4e pouvoir mettant la démocratie est en péril. Le Parlement est très sensible aux électeurs. La communication politique se fait par les médias – orientés, et les sondages. On est dans l’immédiateté, l’émotion, le match, à l’affut des « ratés ». On oublie l’important.

Phrase de Henri Queuille sous la 4e Rép. : « Il n’y a aucun problème que l’absence de solution n’arrive à résoudre ».

En 1995 un homme politique disait « je suis leur chef donc je les suis » (sic) !

En parler car c’est le contexte dans lequel vivent nos jeunes.

3)      Quelle culture, quelle école ?

Un jeune passe 800 à 900 heures par an en classe mais entre 900 et 1000 par an devant la télé ou un ordinateur !!! Soit 3h/jour en moyenne ! Auxquelles il faut ajouter les heures de téléphone !

Cela entraine une modification des références culturelles et des repères d’identité. Les savoirs sont éclatés. On nivelle par le bas, vers une sous-culture de masse.

Par exemple quelle misère que « Plus Belle la Vie » ! Il faut voir les schémas de société qui sont derrière ! C’est loin d’être innocent, c’est même très dangereux (par exemple épisode d’un viol conjugal).

Y a-t-il relecture en famille ou dans les écoles pour essayer d’évaluer, de contester ?

Il y a aussi de la violence gratuite, sadique, y compris dans les dessins animés. Quelle place tiennent ils dans l’inconscient des jeunes ? Aux éducateurs de reprendre ça avec les enfants, d’aider à analyser face à cet impérialisme médiatique. Quel est le travail dans les écoles ? C’est nécessaire mais existe-t-il ?

 

III L’enjeu moral et les pratiques éducatives

Quelle pratique éducative ? « Eduquer » = conduire vers. Il faut établir une relation entre les médias et les valeurs à transmettre. Or les valeurs suivies par les médias sont commerciales :leur but= rendre « accro », addictif, dépendant, véhiculer la pensée officielle, bien-pensante, politiquement correcte. Sans anthropologie chrétienne.

Il faut donc former à l’anthropologie chrétienne, éduquer à la résistance spirituelle. Il faut accepter de regarder notre pratique personnelle. Si nous sommes prisonniers des médias, nos enfants le seront aussi. Il faut allumer l’ordinateur ou la télévision pour une durée précise. Pas de télévision à table. Pas de médias trop tardifs, sinon troubles de l’endormissement. Cela ne doit pas remplacer une discussion en famille.

Si un jeune est englouti dans les médias, cela pose trois problèmes :

-          La dimension verticale de la relation à Dieu s’efface

-          La relation horizontale à l’autre est abîmée

-          La relation intérieure, à soi, est noyée dans le bruit, le vacarme

Certes les médias augmentent le savoir, mais ils diminuent la capacité de comprendre.
L’extériorisation du savoir est un danger. Il faut dire au jeune « c’est TOI qui organises le savoir. Ce n’est pas la machine qui doit te dire ce que tu dois penser. Et prévois l’éventualité que ton ordinateur puisse tomber en panne ». Il ne faut pas supprimer la machine mais la dominer.

Il faut donc mettre en œuvre des actions pour dominer la machine :

-          Eduquer à la volonté, à la liberté, à l’analyse

-          Savoir résister aux pressions sociales

-          Choisir un programme ensemble

-          Voir avec eux, accompagner les jeunes

-          Différer si besoin pour un moment plus approprié (utiliser le replay)

-          Garder contact avec une association de parents

-          Evaluer un programme, réagir, ne pas laisser passer quelque chose qui pose problème

-          Echanger avec le jeune après une émission

L’enjeu est la socialisation. Il faut briser l’individualisme de chacun devant un écran. Il faut démystifier ce monde d’images et de sons. Le monde nous façonne de façon inconsciente à la façon du joueur de flûte de Hamelin, qui a un rôle de réducteur, de détournement.

La conclusion de cet enjeu moral pour les éducateurs est d’accompagner, d’être avec, de parler, oser dire et d’aider à façonner le jugement pour éduquer à la liberté.

 

Après ces trois éclairages (théologique, sociologique et moralo-pratique), abordons ce qui fait allusion à notre histoire, aux technologies, aux idéologies, c’est le quatrième point.

IV Histoire Techniques idéologies

1)      La révolution industrielle

La première date : du 18ème siècle à 1845

Charbon, métallurgie et textile, ce qui a des conséquences humaines et intellectuelles. C’est la montée du capitalisme libéral. Il y a exode rural et urbanisation. (on accélère le processus historique)

Ensuite, de 1870 jusqu’en 1914 voire 1945

Electricité, Production de masse, automobile, à la chaîne, façon Charlie Chaplin

Puis en 1971 avec l’atome, l’électronique, l’informatique, qui façonnent une nouvelle société

En 2011 4e révolution industrielle : invention de l’intelligence artificielle, on bascule dans une autre civilisation

2)      Les progrès de la technique plus près de nous

En 1920 : la radio

En 1960 : la télévision

En 1971 : les microprocesseurs

En 1975 : l’ordinateur

En 1983 : internet

En 1985 : l’ordinateur portable, depuis on en a presque tous un, c’est la généralisation de l’ordinateur personnel

En 1983 : internet, qui supplante le Minitel (1980-2012)

En 1986 : le téléphone portable, 1993 la tablette, 1994 le smartphone …

On a l’impression d’être toujours dépassé

On peut déjà relire les impacts sociaux. Années 90, mise en réseau. Années 2000 : téléphone à la main. 2007 : révolution tactile. 2016 : casque (la réalité virtuelle chez vous)

C’est l’univers mental dans lequel nos jeunes vivent.

Le phénomène numérique est :

- de plus en plus présent et c’est notre environnement

- de plus en plus petit et nous échappe

- de plus en plus puissant (c’est génial, mais artificiel)

- de plus en plus autonome et capable de communiquer entre eux

- de plus en plus dématérialisé

L’utilisateur reçoit des machines un pouvoir infini, mais qui le contrôle ? Difficulté de faire la différence entre la réalité et le virtuel. Pouvoir artificiel.

 

3)      Quel est l’impact idéologique ?

Dans son Encyclique Fides et ratio en 1998 (relire numéros 83 à 88) Jean-Paul II  dénonce ce qui est derrière : le rapport inconscient, prométhéen, à la technique.

Les risques sont :

-          La dérive totalitaire

-          L’aliénation, la dépossession de soi

-          L’addiction à la technologie (esclavage)

-          La sacralisation de la technologie (idoles)

Jean-Paul II souligne le besoin de faire appel à la métaphysique et a repéré parmi différentes idéologies dangereuses (l’écclectisme, l’historicisme, , le pragmatisme, le nihilisme) :

-          Le scientisme où tous les problèmes pourraient se résoudra par la méthode scientifique (théorie – hypothèses – expériences – observations – théories et ainsi de suite). Ça se justifie pour étudier l’électricité mais c’est inadapté pour comprendre l’homme ! C’est trop réducteur pour comprendre le fonctionnement d’une société, sinon on tombe dans le matérialisme, par exemple comme pour l’ex-URSS, qui fut une catastrophe économique et humaine.

 

V l’Eglise et la communication

Depuis Pie XI (1936) l’Eglise a montré son attention à la communication et aux médias. Les papes ont porté attention à la valeur théologique de la communication en tant que moyen de révélation de Dieu et moyen de compréhension des hommes entre eux.

Vatican II a produit un document sur les mass médias, mais très mal rédigé.

Paul VI a fait le 23 mai 1971 un document « communication et progrès », très bien fait, sur la nécessité de la formation personnelle et communautaire. Il y a eu des publications catholiques dans la société en matière de médias.

Sous Jean-Paul II un cardinal, John Foley, a écrit beaucoup de documents, faciles à lire et à comprendre, dont un en 1992, « le nouvel âge » (Aetatis Novae). C’est un tableau de la nouvelle civilisation qui arrive, comment être acteur, être au service de l’homme sans se laisser engloutir. Mais aussi la publication d’une série dont « Ethique dans les communications sociales », « l’éthique en internet » et « l’Eglise et internet » en février 2002. L’Eglise s’engage en faveur de la dignité humaine, elle est experte en humanité. L’Eglise donne deux critères de formation et de discernement :

« Dans ces trois domaines — message, processus, questions relatives aux structures et aux systèmes — le principe éthique fondamental est le suivant: la personne humaine et la communauté humaine sont la fin et la mesure de l'utilisation des moyens de communication sociale; la communication devrait se faire par des personnes en vue du développement intégral d'autres personnes. » (extrait de « Ethique dans les communications sociales » du Conseil Pontifical pour les communications sociales §21 écrit par le cardinal Foley).

-          la personne humaine doit être le but de l’utilisation et le moyen de détermination de l’emploi (la fin et la mesure) ;

-          la communauté humaine doit être le but de l’utilisation et le moyen de détermination de l’emploi.

C’est une grille d’analyse. Par exemple regarder tel ou tel film construit-il la personne et le groupe familial et conduit-il vers un mieux-être ?

Il s’agit du développement intégral de la personne et de la communauté.

Et le bien commun ? Comment atteindre la perfection ?

Le bien commun est différent de l’intérêt général car le bien commun (spirituel) concerne tout le monde, personne n’est laissé de côté. L’intérêt général (matériel) ne concerne pas tout le monde.

Google a un projet d’homme nouveau. Le pire serait de ne rien faire en réponse. Il faut faire partager la joie de la résurrection, en vue de la liberté intérieure.

Le XXème siècle a connu deux grands totalitarismes : le nazisme et le marxisme soviétique. Dans ces deux cas on constate que la maitrise de la communication a façonné une société. Face aux forces de totalitarismes actuels, il faut être lucides et faire en sorte que les mass médias restent des outils et pas des instruments de domination.

L’épisode d’Emmaüs résume bien l’idée de discernement, de pédagogie et d’accompagnement. Jésus accompagne, éclaire, fortifie, envoie en mission. C’est le modèle de la pédagogie d’accompagnement que nous devons avoir. Le pire est de ne rien faire. Il faut accompagner personnellement. Il faut faire surgir de nos jeunes une conscience libre

                                                                                                     Notes d'Isabelle de Vasselot

 

 

 

 



Résumé de la conférence donnée par le Père Chiaverini le 4 février: REFLEXION CHRETIENNE SUR LA DISCIPLINE ET L'AUTORITE



Aujourd'hui, parler d'autorité, et plus encore de discipline, pourrait passer pour une grossièreté.
Il semble que cela s'oppose totalement aux valeurs prônées de liberté et de créativité.
Pourtant, en même temps, la déclaration des droits de l'homme stipule très clairement que « la
liberté des uns s’arrête où commence celle des autres ».
L'éducation devrait donc rendre l'enfant capable d'user de sa liberté pour son bien, tout en étant
capable d'accepter les frustrations inhérentes au respect de la liberté des autres.
L'autorité et la discipline sont-elles nécessaires dans cette éducation, et si oui, sous quelles formes ?
Que dit l'Eglise à ce sujet ?
Très tôt, il semble qu'elle ait fait partie de ses soucis.
Saint Jean Chrisostome ( vers 346/407 ) s'inquiète de l'éducation des enfants ( Traité « Sur la vaine
gloire et l'éducation des enfants ») et écrit qu'il faut « que vous fassiez de bonne heure l'éducation
de vos enfants »...pour en faire « un athlète pour le Christ »... »Apprends-lui à avoir la crainte de
Dieu dès son plus jeune âge »...
D'autres personnalités de l'Eglise, à différentes époques, ont réfléchi à ce que devaient être
l'éducation des enfants, qui vise, comme but final, leur « plus grand bien » qui est d' « être en
Dieu » ( référence à St Thomas d'Aquin qui exprimait ainsi ce que devait être le plus grand bien à
rechercher pour toute personne« ut sit in Deo »).
Dans cette éducation, le Christ tient la première place, à la fois comme but et comme modèle.
C'est une orientation, une marche vers le Christ, qui devient partie prenante de l'éducation.
Elle n'est plus ainsi un face à face « enfant/parents » mais un va et vient entre 3 entités : le Christ,
l'enfant et ses parents.
L'éducation chrétienne englobe donc, non seulement le bien matériel et moral du futur adulte, mais
encore son bien spirituel, son « plus grand bien ».
Elle vise donc haut et loin, mais elle est réaliste et elle sait que l'enfant a de toutes petites jambes...

L'AUTORITE
C'est la source de la discipline.
Le mot vient du latin AUCTOR : » celui qui augmente, qui conseille, qui fait avancer, qui fait
progresser. »
L'autorité a donc à la base une résonance très positive.

L'autorité se présente sous diverses formes :
Elle peut être naturelle : c'est celle qui émane d'une personne par le seul fait de sa personnalité. Ce
n'est pas donné à tout le monde....
Elle peut être fonctionnelle : elle est déléguée à une personne par un groupe ou une société. C'est la
règle commune qui la lui confère. C'est alors une autorité « de
service », ou un « service de l'autorité ».
Elle peut être de récompense : lorsqu'elle encourage et valorise ce qui est bien, une personne prend
de l'ascendant, de l'autorité, sur celui qui reçoit ces félicitations, cette
récompense.
Elle peut être de compétence : c'est la supériorité de celui qui sait sur celui qui ne sait pas. Elle
demande forcément une préparation antérieure.
En situation d'éducation, il faut combiner ces 4 formes d'autorité. Cela nécessite une réflexion, voire
une préparation.

Sur quels piliers s'appuie l'autorité ?
Il y en a 4 principaux : la compétence, la cohérence, le Charité et la confiance.
La compétence, on l'a vu, nécessite un minimum de réflexion, de préparation, ou de formation.
La cohérence, nécessite l'unité entre ce que je pense, ce que je dis, et ce que je vis.
Elle est fondamentale. « Faites ce que je dis et ne faites pas ce que fe fais » n'a jamais
fonctionné. Si l'éducateur est au service d'un idéal, il est important qu'il soit luimême
au moins en marche vers cet idéal.
La Charité, (l'amour en Dieu)est au coeur du processus éducatif. Il ne s'agit pas seulement de
l'amour pour l'éduqué, mais aussi de l'amour de ce que j'ai à lui transmettre. L'un sans
l'autre devient un amour de captation au lieu d'être un amour d'ouverture.
La confiance, vient du latin « cum fides » avoir le même foi. Pour qu'un enfant ait confiance dans
l'autorité, elle doit être capable de favoriser l'adhésion du coeur en montrant
clairement son but, les objectifs intermédiaires, les moyens,( voire les difficultés)
d'atteindre ce but.

Pratiquement, comment exercer l'autorité ?
Pour être efficiente, elle a besoin de 4 qualités principales :
L'acte d'autorité doit être proportionné et adapté aux faits, aux situations, et aux personnes. (On ne
peut proposer à l'enfant des actions ou des efforts qu'il est encore incapable de réaliser.)
L'intervention doit être intelligente, donc explicable et expliquée, mais l'explication doit aussi
pouvoir être comprise par l'intéressé.
Elle doit être positive pour être constructive et faire fleurir une vraie liberté.( Lorsque l'oiseau
apprend à voler, il a besoin de savoir comment s'envoler, comment rester en l'air, mais aussi
comment redescendre et se poser sans casse.)
Elle doit être respectueuse et ne jamais humilier, autrement il ne s'agit plus d'éducation, mais de
domination.

LA DISCIPLINE
Le mot vient de « discipulus », le disciple : celui qui est en dessous, qui écoute, qui reçoit les
paroles venant de plus haut. Il sous-entend que celui qui est au-dessus est regardé, pris comme
modèle. Il renvoie à l'idée du maître auprès duquel le disciple se formait (coeur et esprit) pour être
capable de se diriger lui-même et devenir un membre actif et constructif de la société.
La discipline a donc pour but la formation et la canalisation du caractère pour rendre possible
une vie sociale dans laquelle la personne pourra s'épanouir et contribuer au bien commun.
Celui qui exerce la discipline a pour premier chantier de se diriger lui-même, en adulte responsable.
Conduire les autres suppose de les aimer, de les respecter, et donc de se maîtriser soi-même
(maîtriser sa colère par exemple).

Il doit éviter quelques gros écueils :
* comme dit ci-dessus, ne pas se maîtriser.
*Se laisser envahir par la sentimentalité, amenant un amour
désordonné et immédiat qui empêche de voir le bien
futur.
*Dans le même ordre d'idée, choyer l'enfant qui devient le
centre autour duquel gravite ses parents (enfant-roi)
*Utiliser la violence, pas forcément physique ; le chantage
affectif est une forme de violence qui avilit au lieu de faire
grandir.

Caractéristiques positives de la discipline :
Elle doit être aimante, c'est à dire tournée vers le plus grand bien de l'enfant. (Dans un conflit,
l'enfant met en jeu l'amour de ses parents : « vas-tu m'aimer au point d'accepter ce que je
souhaite ? » Se poser donc la question de l'intérêt réel de l'enfant, et lui faire comprendre que son
« plus grand bien » passe par là.
Elle doit être constructive :orienter vers un idéal accessible. Il est donc nécessaire de respecter une
progression et des étapes adaptées à chaque enfant.
Elle doit pardonner et remettre en route : « Tu es plus grand que le mal que tu as fait »
Elle doit refuser la manipulation et la séduction.
L'exercice de la discipline propose le bien, en donnant le sens de la responsabilité personnelle.
C'est un acte qui met en marche.
Elle nécessite de hiérarchiser les priorités, de définir ce qui est indispensable ou ce qui est
secondaire, ce qui est important ou pas, et de n'être utilisée que dans l'intérêt réel de l'enfant.
(Je ne réagirai pas de la même façon si un enfant casse une assiette par maladresse, par colère, ou
par vengeance, s'il a 2 ans ou 15, etc... Chaque situation demande une réponse adaptée.)
Elle doit parvenir à susciter l'adhésion intérieure : l'enfant doit pouvoir consentir à son éducation,
et non pas simplement s'y soumettre. Il ne pourra la faire sienne qu'à cette condition.
Elle doit valoriser le bien et le récompenser.

Les punitions : il faut de la fermeté pour tenir les limites fixées.( D'où l'intérêt de ne pas promettre
des punitions impossibles à mettre en oeuvre ) La capitulation ne va pas avec l'éducation. (Ou alors
il faut avoir le courage de savoir pourquoi on est dans la capitulation.)
Enfin, il faut de la discrétion et de la progressivité, du dynamisme aussi, puisqu'elle doit remettre
en route vers le bien.

PETITE BIBLIOGRAPHIE
Saint Jean Chrisostome: Sur la veine gloire et l'éducation des enfants
Textes du concile Vatican II : Textes sur l'éducation chrétienne
Encyclique du pape Pie XI : Sur l'éducation;Divini illius magistri (Le Maître Divin)
Archives de l'éducation nationnale : Histoire de l'éducation
Divers écrits de Saint Jean Bosco, Marie Rivier, le père Timon-David, et autres éducateurs chrétiens

(nous remercions C.Tracol pour ces notes)






Conférence de François Xavier Bellamy 1)

sur le thème de

l’Engagement

Lycée Lacordaire Marseille le mardi 18 novembre 2015

 

Introduction :

Allusion aux récents évènements : il y a un lien entre terrorisme et crise de la culture occidentale. Pourquoi ? Parce qu’il y a dans notre civilisation une perte de liberté.

 Problématique :

Si on interroge des jeunes : qu’est-ce que la liberté ? Réponse courante : c’est pouvoir faire tout ce qu’on veut, c’est avoir le choix, et avoir le plus grand choix possible. Etre libre c’est être indéterminé. La conception moderne de la liberté est donc une liberté d’indifférence.

Descartes a formalisé cette liberté d’indifférence. Il s’agit de s’affranchir de toutes les connaissances qui nous précèdent, de déconstruire ce qui nous précède.

Mais deux choses s’opposent à cette conception de la liberté : la culture et la nature.

Car les deux nous précèdent et s’opposent donc à cette définition de la liberté.

La culture : nous sommes marqués par les traditions de notre famille, l’éducation, l’école…

Nous n’avons pas choisi notre enfance. Descartes est le 1er grand critique de la culture.

Il critique la tradition qui s’opposerait à notre liberté : pour être libre il faut se défaire de ce qu’on a appris, c’est le doute méthodique cartésien. « Cogito, ergo sum ». Le doute est la seule chose dont on ne doute pas : je doute, donc je suis….

L’homme moderne est ainsi, il ne veut rien recevoir de ce qui l’a précédé : être un self-made-man.

La nature : Elle nous précède, donc elle est le 2e obstacle à la liberté d’indetermination.

Or notre nature est traversée par des différences. On veut la vaincre avec le progrès technique.

A la chute du mur de Berlin, on pensait que c’était la fin de l’histoire, l’avènement d’une ère de démocratie libérale. L’auteur Fukuyama parle de la « victoire du magnétoscope » (en 1970) on peut regarder les films qu’on veut. On veut pouvoir faire et avoir tout ce qu’on veut, et on veut vaincre les limites de la nature. Exemple : pouvoir manger des fraises le 24 décembre. On veut avoir le choix.

Aujourd’hui on veut même avoir le choix de son sexe : on veut rendre inexistante la différence des sexes, choisir d’être L-G-B-ou –T-ou même Q (Queer) ou I (intersexe) ! D’où théorie du genre qui vise à gommer toute différence des sexes, même dans le vocabulaire et la grammaire : on veut supprimer la prééminence du masculin pluriel ! etc…

On veut même pouvoir choisir l’heure de sa mort (euthanasie).

Enfin il y a encore Dieu qui est le 3e obstacle à notre liberté, car Dieu est aussi la figure de celui qui nous précède puisqu’il est le Créateur du monde. Alors nous ne sommes plus libres, donc on écarte Dieu. Dieu parait menacer notre liberté. Notre société tend donc à rejeter Dieu.

 

Pour avoir le choix, il faut donc ne rien choisir et surtout pas s’engager. Car quand on choisit (engagement) … on n’a plus le choix ! L’APB (Admission Post-Bac) est une épreuve terrible pour les adolescents ! L’adolescence parait être la période où on a le plus de liberté puisque c’est là qu’on a le plus de choix, tant qu’on n’a pas encore choisi. Nous sommes dans une société d’éternelle adolescence !

La société contemporaine entretient le mythe de l’éternelle jeunesse : on ne s’engage plus. Surtout pas en amour, on ne se marie plus (ou bien si on est marié, il y a Gleeden !) etc…Car quand on aime quelqu’un, on n’est plus libre. Le héros, c’est Don Juan : il peut aimer toutes les femmes, mais de ce fait il n’en aime aucune…Le propre de l’amour est donc d’être engageant. Donc l’amour est terrifiant… !

Dans la société actuelle il y a Gleenden mais aussi Tinder (appli qui permet de rencontrer des personnes disponibles près de là où on est): on peut choisir qui on veut, c’est la sexualité sur catalogue. On veut aussi le choix en amour. C’est la liberté d’indifférence.

Dans le choix d’une orientation professionnelle, comme on a peur de s’engager, on choisit la voie la plus large : S, puis école de commerce, puis audit…en se disant : « je pourrai toujours faire ce que je voudrai ! » En fait on ne fait pas de choix et à la fin de son existence, on a toujours tous les choix. Mais on n’a pas choisi et on n’a rien fait. Au moment de l’orientation, on dit : « Je veux me laisser des portes ouvertes », mais on n’y entre pas !

 

La réponse :

La liberté d’indifférence en fait n’existe pas. Elle est pure immédiateté. AVOIR le choix (immédiateté) n’est pas être libre. Etre libre, c’est FAIRE un choix. C’est VOULOIR ce que l’on fait. C’est ça la plus belle expérience de la liberté. Avoir le choix n’est rien, c’est faire un choix qui compte : choisir pour se réaliser.

Ceci a deux conséquences :

1)      La liberté n’est pas facile, ni immédiate. Avoir le choix, c’est immédiat ; en matière sexuelle, on dit aux jeunes : « protégez-vous ! » (comme ça il n’y a pas de conséquences, pas d’engagement). La liberté de se déterminer n’est pas évidente. C’est difficile de vouloir et de savoir vraiment ce que l’on veut. C’est difficile de se connaître soi-même. Or un choix libre est un choix qui nous ressemble.

2)      Le choix suppose la culture. C’est la culture qui est la condition de notre choix, de notre liberté, cela doit passer par une médiation : la rencontre d’une autorité. Par exemple pour la langue, nous n’avons pas choisi notre langue maternelle. Roland Barthes Prof au Collège de France en 1970 parlait du fascisme de la langue ! La grammaire est en effet une discipline contraignante, pleine de distinctions. Pour Roland Barthes il ne peut y avoir de liberté qu’en dehors de la langue. Or la langue est la condition de notre pensée. Sans la langue nous ne pouvons ni penser ni exprimer nos émotions. Plus on a de vocabulaire, plus on a de liberté de penser.

Donc la liberté se conquiert, elle se cultive. Cela demande beaucoup de travail. C’est la différence entre l’homme et l’animal. L’animal est un être d’immédiateté. Le petit coucou qui nait dans le nid d’un autre oiseau (où sa mère a pondu sans se gêner) sait d’emblée ce qu’il doit faire : il mange les autres œufs pour n’avoir aucun concurrent quand la mère adoptive apportera à manger ! Qui le lui a appris ??? Qui a appris à l’araignée à faire sa toile ? Les abeilles construisent-elles des ruches en forme de gratte-ciel ? Non, elles obéissent à leur instinct, elles sont enfermées dans leur être et obéissent uniquement à leur nature. Au contraire, le petit de l’homme en naissant doit tout apprendre, il ne marche pas tout de suite contrairement aux animaux. Il a besoin de la culture qui est la condition de son accomplissement. L’homme n’est pas immédiatement lui-même. Il n’est pas enfermé dans son être comme l’animal.

C’est la liberté de l’homme. Mais c’est la culture qui est la condition de l’accomplissement de l’homme, et la culture, il doit la recevoir des autres. C’est là le mystère de la liberté humaine. La culture et le travail font grandir la liberté. La rencontre avec la culture, c’est la rencontre avec l’autre. Ce n’est pas évident de devenir ce qu’on est ! Devenir ce que l’on est, c’est ça réussir sa vie. Pindare : « deviens ce que tu es ». Etre soi-même. Etre simple.

Le problème de la société actuelle, c’est qu’elle pense que la liberté est donnée. Or pour devenir un artiste, il faut une éducation artistique (apprendre à jouer d’un instrument est long et difficile avant de pouvoir composer, interpréter). On doit donc recevoir tout ce qui nous a précédé. Les grands auteurs font grandir notre liberté et nous permettent d’avoir ensuite notre propre pensée.

S’engager, c’est donc se déterminer. Les jeunes attendent cela. C’est l’engagement qui fonde notre liberté. Passer sa vie à consommer, ce n’est pas la liberté. (cf Maire de Lunel d’où sont partis plusieurs jeunes djihadistes : « Mais je leur avais payé un skate-park ! »). Les jeunes ont besoin d’engagement.

C’est donc par le travail de la culture qu’on apprend à se reconnaître. Il faut vivre l’expérience de la reconnaissance de la culture, et aussi la reconnaissance de notre nature.

Drame de l’éducation nationale aujourd’hui par refus de la culture : On veut des heures d’interdisciplinarité : ex : au lieu de cours de physique et anglais, on va faire un magazine en anglais sur les machines à vapeur. Comment faire si on ne connait pas les bases de la physique pour créer des machines à vapeur ? Et si on ne connait pas l’anglais ?

Aujourd’hui l’idée de donner sa vie scandalise (mariage des prêtres, vie monastique).

FX Bellamy (catholique) a été frappé par cette phrase de l’évangile : « Qui veut gagner sa vie la perdra ». Il ne faut pas forcément faire le choix de gagner beaucoup d’argent. C’est dans le don de soi qu’on se réalise.

Aujourd’hui, on ne veut plus faire l’expérience d’un vrai choix, on veut pouvoir revenir en arrière (« satisfait ou remboursé »). On ne veut plus noter les élèves pour ne pas les traumatiser. Pourtant, dans les matchs sportifs, quelle équipe refuserait d’avoir des scores ??? Il faut accepter de jouer, de s’engager et prendre un risque.

Les jeunes veulent avoir des occasions de se donner, de se dépasser. Or on nivelle plutôt le niveau par le bas, on leur dit : « On ne vous demandera pas ci ou ça pour que ça ne soit pas trop difficile ». Or les jeunes veulent un challenge. En tant que professeur, on voit bien que moins on en demande aux élèves, moins ils en font. Au contraire, plus on est exigeant avec les élèves, plus ils en font. Plus on leur en demande, plus ils en donnent. C’est un service à leur rendre. L’adolescent sait donner quelque chose quand on le confronte à quelque chose de plus grand que lui. C’est en se donnant qu’on se trouve !

 

Questions :

-          Suite à une question : « Quand nos sociétés deviendront-elles adultes ? »°

Pour aider nos sociétés à devenir adultes, il faut reconnaitre que nous avons été des enfants et que nous avons eu besoin de recevoir de la part des autres, de la part de ceux qui nous ont précédés, avoir l’humilité de l’enfant qui dépend de celui qui le précède (c’est aussi dans l’évangile : redevenir comme un petit enfant).

-         Question sur le numérique et les réseaux sociaux : Aujourd’hui on a remplacé la lettre par le chiffre, pauvreté du vocabulaire, les gens ne savent plus que compter : les « like » sur Facebook, les followers sur Twitter, le nombre de pas dans la journée, le nombre de calories dépensées etc…On est dans le règne de la quantification. Nous ne devenons plus que des numéros. Les réseaux sociaux tendent à uniformiser les comportements : sur Facebook, il faut toujours avoir l’air heureux, on se met en scène. On se laisse prendre par la tyranie du numérique qui est très violente. En fait, on fait la douloureuse expérience de la solitude dans une société hyper-connectée.

Le numérique à l’école : On n’apprend plus les dates aux élèves, on dit : « Tout est sur internet ! », « Plus besoin d’apprendre ! » Le numérique est un prétexte pour ne plus rien apprendre, c’est catastrophique, car c’est différent d’avoir appris quelque chose et de le trouver sur internet. On a besoin d’avoir soi-même des repères pour pouvoir s’y retrouver et exercer son esprit critique. Aujourd’hui, à cause d’internet, on a déconstruit le travail de mémorisation ! FXB raconte comment il a réussi à faire aimer la poésie à des élèves de terminales de milieux très défavorisés -dont certains ne savaient même pas lire !- en leur récitant des poèmes qu’il savait par cœur ! Ils en ont redemandé…

« Apprendre par cœur, c’est apprendre par le cœur ! »

(1) François Xavier Bellamy est agrégé de philosophie et enseignant, et auteur du livre "les Déshérités ou l'urgence de transmettre".

Notes: A.C.


  • Conférences des chantiers éducation : Programme 2014/2015

  • Apprendre à gérer ses émotions avec la méthode Vittoz, lundi 20 avril 2015, conférence-atelier des chantiers éducation

Isabelle Campredon, thérapeute Vittoz est revenue lors d'une conférence en soirée, en plus d'une formation de 2 jours suivie par 14 participantes, sur cette méthode constituée d’un ensemble d’exercices élaborés de façon intuitive par le Dr Vittoz et validés dans le cadre de sa pratique. Ses intuitions et le bon sens de ses observations voient leur pertinence confirmée par la neurophysiologie actuelle.

L'objectif de cette méthode est de donner au patient les moyens de se guérir lui-même en renforçant son « moi conscient » à l’aide du contrôle cérébral qu’il s’agit d’exercer et de rééduquer sa réceptivité (conscience de son corps) et son émissivité (concentration).

La méthode implique la répétition des exercices pour une appropriation progressive. Ces exercices très simples s’intègrent dans la vie quotidienne, réhabilitent les perceptions sensorielles, développant l’attention, la présence à soi, à l’environnement et à l’autre.


  • Comment aider ses enfants à grandir heureux et à construire leur personnalité ? jeudi 26 mars 2015

Annick Boutin est revenu lors de sa conférence du 26 mars, sur les grands principes de l’anthropologie chrétienne appliquée à l’éducation, à travers son expérience de logothérapeute.

Éduquer au bonheur, oui mais vers quel bonheur ? Nous sommes appelés à répondre à trois grandes capacités : l’amour, la réalisation de soi et la recherche de la vérité sur notre être. Toute l’éducation doit être guidée par cela et c’est de cela que découle le besoin de poser des limites, l’apprentissage du renoncement, l’éducation de la volonté ordonnée à la liberté, l’apprentissage des vertus etc… Cette relation d’autorité et d’obéissance  doit être basée sur la confiance et non sur la soumission.

Annick Boutin a cité un grand nombre de repères éducatifs et de clés pour mettre en œuvre une stratégie éducative orientée au bien de l’enfant. C’est aussi une invitation renouvelée à rejoindre les équipes de chantiers éducation qui reprennent au fil des réunions ces points éducatifs en fonction de l’âge des enfants.

Nous remercions de tout cœur Annick Boutin pour son intervention très appréciée des participants, et pour tout le bien qu’elle transmet autour d’elle dans l’accompagnement des jeunes notamment. Nous lui souhaitons beaucoup de courage et tous nos vœux de guérison dans le combat contre la maladie qui l’attend maintenant.